L'orée des pommes

mardi 1 novembre 2016

Les sculptures de Debra Bernier.

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lundi 31 octobre 2016

And the Great Wheel turns again.

Source: Externe

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vendredi 28 octobre 2016

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Il y a peu et après des mois d'attente, nous avons enfin emménagé dans un foyer qui n'appartient qu'à nous. Pourtant, tant de familles en avaient arpenté les pièces, foulé les sols, fait résonner les murs, que je n'avais pas tout à fait l'impression que la maison ne leur appartenait plus. Pour abolir les liens qui existaient encore entre tous ces anciens propriétaires et notre foyer, j'ai voulu dissiper les énergies qui subsistaient encore ici et nettoyer de fond en comble la maison ; je voulais que tous les échos latents de disputes s'éteignent, que les présences résiduelles des souvenirs s'estompent.

J'ai attendu d'être certaine de pouvoir être seule en matinée, et j'y ai procédé hier matin. En diffusant dans toute la maison une musique apaisante scandée par le son cristallin d'un bol tibétain, j'ai parcouru chaque pièce munie d'une coupe bien garnie de gros sel ; au centre de celle-ci, mon brûle-encens consumait sur charbon ardent la résine de benjoin que j'ai abondamment sollicitée.

Le benjoin purifie. J'en ai enfumé toutes les pièces, ouvert toutes les portes et fenêtres en grand et déclamé haut et fort dans chaque pièce et recoin : 

"Par cet encens je purifie l'espace,
Je dissous le passé au nom de la Déesse.
Que les conflits, que les cauchemars s'effacent.
Que les souvenirs disparaissent."

Puis nous étions chez nous.

 

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dimanche 23 octobre 2016

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dimanche 28 août 2016

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 Stay wild, my wild wild child.

 

 

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vendredi 24 juin 2016

D'or et de bruyère

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Il y a quelques mois à présent, je m'étais installée devant un reportage qui évoquait les brumes bretonnes des monts d'Arrée. Le journaliste avait notamment attaché ses pas à ceux d'une poignée de visiteurs dans cette contrée du Finistère, qui avaient passé une nuit dans un gîte proche des monts d'Arrée, et parcouru ses pentes à l'aube. L'aurore était emmitoufflée d'un brouillard mauve lorsqu'ils se sont ensemble aventurés vers la chapelle de Saint-Michel, juchée en haut d'un sommet doux. A l'intérieur, les lieux brillaient par leur sobriété ; il semblait y régner, même à travers l'écran, une atmosphère de ferveur simple. Une petite croix symbole du christianisme, faite de deux bâtons de bois noués d'une ficelle, était accrochée à l'un des murs ; dessous, s'amoncelaient sur l'autel abandonné et au sol des monceaux de bouquets de bruyère, chacun l'offrande d'un fidèle anonyme passé par là. 

En observant ces offrandes humbles, quelqu'un devant l'écran, à côté de moi, n'a pu formuler qu'un commentaire surpris qui m'a surpris par son mépris. Je n'ai plus les mots exacts en tête, mais en visant la croix fabriquée de simples bâtons, cela ressemblait fort à un "Eh bah, ils auraient pu au moins y mettre une croix en or hein, parce que là..."

Parce que là, quoi ? Parce que là, quelqu'un a pris le temps de créer lui même un objet qui symboliserait ce en quoi il croit ? En quoi ces deux simples morceaux de bois posséderaient-ils moins de valeur que de l'or ? Ne parle-t-on pas d'un objet spirituel ? J'ai été si peinée de ce commentaire, peinée de voir que le principe du "toujours plus", que le système de valeurs hiérarchisant tel ou tel matériau, s'appliquaient aux yeux de cette personne même dans les choses qui ne relèvent que du coeur. C'était d'autant plus triste que le commentaire avait été lâché comme une évidence...

Puis j'ai pensé à ce pentacle que j'avais tout entier créé des brins de lavande qui embaumaient mon jardin, aux ficelles que j'avais pris le temps de couper à la bonne longueur, à la peine que je m'étais donnée pour que l'ensemble tienne, en y investissant la force de ma volonté, la profondeur de mon amour pour la Déesse. Je me suis souvenue des rayons de Litha qui inondaient la terre et la gorgaient de chaleur tandis que j'enlaçais chaque brin à l'autre. En me disant que ce visiteur aurait trouvé mon pentacle indigne de la Déesse puisqu'il n'était ni d'or ni de gemmes étincelantes, j'ai simplement eu envie de sourire. A mes yeux, les myriades de petits bouquets de bruyère déposés là dans cette chapelle, cueillis parmi les brumes des monts d'Arrée, avaient bien plus de prix que tout l'or du monde.

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lundi 20 juin 2016

Golden Apples

 

 

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A maintes reprises déjà j'ai croisé sur la toile la question des tous premiers pas sur le sentier du paganisme. En me la posant à moi-même, je n'ai jamais pu énoncer une réponse qui ne soit pas baignée de flou et de certitude à mesures parfaitement égales. De flou, car d'aussi loin que je me souvienne je ne peux dater précisément l'âge que j'avais lorsque j'ai découvert les panthéons anciens ; de certitude, car je sais qu'à l'instant précis où ils sont entrés dans ma vie, les dieux et les déesses l'en ont infusée comme une évidence absolue, que j'ai acceptée spontanément sans jamais en douter. Réfuter leur présence et leur existence même aurait relevé pour moi d'une absurdité aussi folle que renier l'existence du monde matériel tout autour de moi ; l'idée ne m'en a jamais effleuré le coeur.

Petite, peu avant que j'atteigne le pont de mes dix ans, j'ai découvert le panthéon des dieux et déesses grecs dans des livres que j'empruntais à la bibliothèque, puis que je demandais pour mes anniversaires. Et quoiqu'au fil des pages les auteurs ne les présentaient jamais que comme des mythes inventés de toutes pièces, les noms des déités que je découvrais jour après jour se gravaient tout à l'intérieur de moi. Les événements grandioses et fantastiques qui émaillaient tous ces récits ne me sont jamais apparus autrement que comme des fragments d'imagination ; jamais je n'ai cru en la réalité de la biche aux pieds d'airain, ni craint qu'un kraken ensalé ne me noie dans le profond des océans si d'aventure j'osais prendre la mer. 

Mais dès l'instant où de mes yeux j'ai croisé dans ces précieuses pages le nom d'Héra, c'est elle que j'ai senti m'abriter du foyer qui s'effondrait, m'aider à me relever chaque fois. C'est son nom que j'ai invoqué, cent et mille fois dans les heures sombres, pour y trouver tout à la fois la douceur du refuge et la rage de se révolter pour préserver ce qui est juste. C'est à Héra encore que je m'en suis remise lorsqu'elle est intervenue comme une mère, Héra enfin qui veille encore aujourd'hui avec moi sur l'amour que j'ai le bonheur de connaître. Elle est mon premier pas sur le chemin du paganisme.

Le second, quoique je m'en sois aperçue bien tard, n'est pas un pas mais un galop sur les terres galloises verdoyantes ; elle est la royauté de celle qui connaît en son coeur la vérité, et par qui la justice naîtra toujours en dépit de chaque avanie, malgré toutes les souffrances. Rhiannon m'est apparue bien des fois, lorsqu'adolescente et rêveuse je me laissais aller dans ma chambre à somnoler. Je diffusais des musiques celtes et dérivais au rythme des flûtes apaisantes, des tambours exaltants, des harpes alanguies. Lorsqu'arrivait le troisième morceau du CD, puissant, pulsant comme un cheval défiant le vent, me venait toujours en tête l'image d'une femme aux longs cheveux auburn, chevauchant au galop un cheval blanc avec toute l'élégance altière d'une reine. Je n'arrivais jamais  à la rattraper, mais les plaines ondoyaient sous les sabots ensorcelés de son cheval, et il émanait d'elle un parfum souverain de royauté. Je n'ai découvert que des années plus tard qu'il s'agissait de Rhiannon, et que je ne devais qu'à elle d'avoir pu surmonter bien des épreuves. 

Artémis et Arianhod sont encore d'autres déesses qui m'ont immensément aidée et m'aident encore, et chacune d'elle, comme Rhiannon et comme Héra, aura sa place sur ces pages de vie que je partage aujourd'hui avec vous. Aujourd'hui, comme depuis toute petite, je prie immanquablement Apollon lorsque la maladie se saisit de mes proches, et Hermès a toutes mes pensées dès lors qu'un voyage se profile et que j'espère de mon trajet qu'il soit serein. 

Aujourd'hui, c'est toutefois comme une fille du Dieu et la Déesse que je me présente à vous. 

Lorsque vient la pleine Lune, je célèbre la Mère en la nuit sombre, et les rubans bleus d'encens d'oliban m'entrelacent à ses bras. Jamais je ne peux pénétrer une forêt sans tressaillir de la présence sauvage du Dieu Cornu, qui y règne en maître et seigneur. A Beltane, je trace un cercle de fleurs fraîches autour de moi et danse à la fertilité du monde, et quand soupire l'Automne aux portes de Mabon je décore mon autel de marrons lisses, de cannelle embaumante et pommes dorées. Comme le Dieu et la Déesse, je suis rayon radieux dans un verger au printemps, et Lune brumeuse veillant sur les roseaux des lacs ; tout à la fois la ferveur délirante des feux de joie et le secret du chaudron, la douceur blanche du seringa et la fraîcheur des menthes. 

Comme le pentacle est en la pomme, comme le divin est en chaque chose du monde, je sais et sens que le Dieu et la Déesse sont en moi.

Jamais je ne découvrirai de plus jolie vérité, et jamais je n'aurai le courage me dévoiler si je ne me lance pas ce soir, à la rencontre de la Lune pleine et du solstice d'été, que je vous souhaite beau et puissant !

Soyez les bienvenus avec moi, à l'orée des pommes.

 

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